Dimanche 26 octobre 2008
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Bergen est l'ainée et ne veut pas s'en laisser conter par sa soeur, plus jeune et qui a fait un meilleur mariage qu'elle. D'après Fred et Pierre, et quelques autres sources mineures, il semble
bien en effet que Bergen et Oslo entretiennent une farouche rivalité depuis plusieurs siècles. Bergen prétend être la seule grande ville véritablement norvégienne du pays, la plus pure... Alors
qu'Oslo s'est odieusement métissée avec le reste de l'Europe et affiche ouvertement son luxe clinquant de nouveau riche.
et pi en plus, Oslo y 'fait rien qu'à lui piquer ses subventions!
A Oslo, au contraire, Bergen apparaît comme une ville hautaine et méprisante, un peu trop fière de son passé, et peut être justement un peu trop norvégienne alors que la capitale se veut beaucoup
plus ouverte aux autres cultures, symboles de modernité, modernité dont Oslo est particulièrement fière.
Poser quelques bases historiques pourrait se révéler utile... je serai bref, comme d'habitude bien sur.
-Bergen est une ville à sept collines, comme l'autre, plus chaude. Son nom signifie "la prairie au milieu des montagnes". Sa date de fondation est connue précisément aux Annales des rois:
le roi Olaff Kyrre l'a sortie du néant en 1070. Croissance rapide, plus grande ville de Scandinavie en 1300 avec 6000 habitants, pouvoir économique et politique en conséquence, grand port de
pêche, alliée officielle de la Hanse qui domine le commerce de la Baltique, foyer intellectuel et patriotique, l'histoire de Bergen est celle d'une capitale. Du moins en est il ainsi jusqu'au
XIXe siècle.
-Oslo: fondée au XIe siècle, semble-t-il. C'est en tout cas à cette époque qu'on entend parler d'elle pour la première fois. Une pauvre ville, facile à défendre, mais qui pendant longtemps n'a
pas grand chose à défendre sinon le gras de ses bourgeois. A l'écart des grand courants commerciaux, pauvrement dotée en ressources naturelles valant la peine d'affronter la remontée du fjord,
isolée par les montagnes et la faiblesse des routes terrestres, Oslo ne fait guère que vivoter pendant des siècles dans l'ombre de Copenhague, Stockholm et... Bergen. Pourtant les dominations
danoises et suédoises apportèrent à la ville quelques avantages tardifs: comptoirs, garnisons, dépôts et chemin de fer... mais les Berguinois ont beau jeu de rappeler que rien n'est norvégien
dans cette prospérité toute relative. Puis brusquement...
Oslo dépassa Bergen.
Comme ça.
Par surprise presque.
Aujourd'hui encore Bergen n'en revient pas.
En 1830, Oslo, sous le nom suédois de Christiana, était la première ville de Norvège, province du Royaume de Suède.
En 1905, la Norvège devient la Norvège, le roi s'installe à Christiana et Oslo redevient Oslo en 1925.
Oslo pèse aujourd'hui environ 600 000 habitants, contre 300 000 pour Bergen.
Que dire de tout cela? Y a t-il une morale à cette histoire?
Même si il y en avait une, que pourrais je bien vous dire?
Pour moi, Bergen fut froide et pluvieuse. Je l'aurai quittée sans un regard si Fred et Pierre ne me l'avaient rendue plus vivante.
Oslo, elle... Oslo fut bien différente.
Par L'Ours
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et puis il y a le sauna...
Cher ami,
ce blog est mon domaine, et j'y suis libre d'y écrire ce qui me plait, sur le sujet qui me plait. Vous me faites l'honneur d'y intervenir, et avec verve. Cela m'enchante. Mais votre dernier mot était de trop.
Vous êtes ici chez moi, ne l'oubliez pas, en tant que votre hôte je ferai tout pour vous être agréable. Vous même êtes certes libre de ne pas agréer à mes opinions, et c'est là votre droit le plus strict, mais n'oubliez pas que votre capacité à vous exprimer ici ne dépend que de mon bon vouloir.vous m'accusez beaucoup, et défendez ce qui vous est cher. Cela vous fait honneur. Mais souffrez que je vous réponde.
Je n'aime pas le soleil, car il montre sans rien révéler, il brule et n'a rien de la paix nocturne. J'aime les ciels chargés car on y trouve plus de lumière que dans bien des ciels d'azur. J'aime les collines parce que j'ai ça dans le sang, et la plaine danoise me déprime. J'aime les rocs et la beauté minérale des montagnes car elles me donnent un aperçu d'éternité. J'aime les bois de sapins sauvages et les sombres chemins qui y courent car l'imagination s'y engouffre plus aisément que dans les champs ouverts. J'aime les mers froides car elles semblent plus libres encore que les autres.
Bergen, je l'ai écrit, a l'histoire d'une capitale et en avait jusqu'à la couronne à sept joyaux. Mais le dieu qui a fait d'Oslo la résidence des rois avait ses raisons, et même si plusieurs idées me viennent à l'esprit, je ne me garderai bien d'interpréter les volontés des dieux, c'est là jeu dangereux.
Bergen est belle, elle a du cœur et une âme. et sur cela nous sommes d'accord.
Mais ne me demandez pas de revenir sur ce que j'ai dit!
je suis arrivé a Bergen en bateau et elle s'est dérobée a ma vue! j'ai parcouru ses rues avec vous, j'ai vu certains de ses bâtiments mais j'avais froid, j'avais faim et j'étais las!
j'ai marché sous sa pluie, trempant mes vêtements, gâtant mes livres!
J'ai reconnu à Bergen les mérites que d'autres m'ont révélé, et que les livres m'ont appris. Ce sont là les seules qualités que je lui connaisse, car il ne m'a pas été permis d'en voir beaucoup sur place.
Bergen a été froide et pluvieuse comme peuvent l'être les villes étrangères. Oslo m'a plu car elle ne m'a pas accueilli enroulée dans ses draperies de brouillard, ni cachée derrière des rideaux de pluie.
Et surtout... surtout, quand allez vous donc comprendre mon cher que je N'AIME PAS VOYAGER? que si cela ne tenait qu'à moi je serai en ce moment même devant un grand feu à Trivy, méditant sur Rome, sur le destin de Lincoln ou sur rien d'autre que le plaisir d'être chez soi?
Aarhus, Bergen, Oslo, et Stockholm tout aussi bien, ne sont que de misérables tas de boue lorsque j'ai la nostalgie de la Bourgogne!
Aussi ne venez pas m'assourdir des vertus de votre ville... mille autres sont à voir, et dans chacune vous trouverez un défenseur au moins aussi convaincu que vous. Mais aucune, aucune entendez vous bien?, ne remplacera une simple cheminée de campagne.
Pour finir, cher ami, sachez que j'admets ne pas connaitre Bergen. Mais sachez aussi bien que l'envie m'en manque plus que jamais.
Serviteur, Monsieur.